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Les traitements des maladies

Les premiers traitements spécifiques

Quand l’association VML a été créée en 1990, aucun traitement spécifique n’était disponible. Le premier traitement est apparu en 1992 pour la maladie de Gaucher. La méthode et le moyen mis au point pour ce premier traitement par enzymothérapie substitutive (Traitement Enzymatique Substitutif) ont pu être appliqués à d’autres pathologies. Puis la découverte d’une autre méthode, le traitement par inhibition de substrat, a permis d’ouvrir la voie pour traiter d’autres maladies.

Même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir, puisque aucun traitement actuel n’est curatif, aujourd’hui onze maladies bénéficient d’au moins un traitement ayant reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM).

  • Maladie de Gaucher (type 1 et 3)
  • Maladie de Fabry
  • Cystinose
  • MPS I (Hurler, Hurler-Scheie, Scheie)
  • MPS II (Hunter)
  • MPS IV (Morquio type A)
  • MPS VI (Maroteaux-Lamy)
  • Glycogénose type II (maladie de Pompe)
  • Maladie de Niemann-Pick type C
  • Wolman
  • Maladie de surcharge en ester du cholestérol

Pour certaines pathologies et dans certains cas, une greffe de moelle osseuse est proposée en traitement ou en complément. Aujourd’hui, de nouvelles méthodes notamment par par thérapie génique sont à l’étude et en cours d’essai dans les maladies lysosomales. Chacune de ces méthodes peut être adaptée à une ou plusieurs maladies. Il apparaît par ailleurs que dans certains cas, l’avenir passe peut-être par une association de plusieurs traitements pour combattre les différents symptômes de la maladie.

Toutes ces avancées sont porteuses d’espoirs et d’un futur plus radieux mais le chemin de la guérison sera long.

Les différents types de traitements spécifiques

Plusieurs traitements spécifiques existent pour combattre les maladies lysosomales. Ils agissent spécifiquement dans la cellule, à l’endroit où il y a une anomalie. On distingue l’enzymothérapie substitutive, l’inhibition de substrat, la greffe de moelle osseuse ou de cellules souches hématopoïétiques, la thérapie génique et les molécules chaperonnes.

>> L’enzymothérapie substitutive

Le principe de l’enzymothérapie substitutive est d’apporter l’enzyme (protéine) qui manque ou qui fait défaut chez une personne atteinte d’une maladie lysosomale. Pour cela, des perfusions intraveineuses de l’enzyme spécifique sont effectuées régulièrement (toutes les semaines ou tous les 15 jours).
L’enzyme perfusée est produite in vitro c’est-à-dire en dehors de l’organisme. Cette enzyme est en fait modifiée pour l’aider à atteindre les cellules de l’organisme qui ont le plus besoin de recycler le métabolite impliqué dans la maladie. Ainsi, une fois dans le lysosome, cette enzyme remplace l’enzyme déficiente. Pour chaque maladie, il est nécessaire de produire une enzyme différente.
L’efficacité de l’enzymothérapie substitutive est variable selon le type et le stade de la maladie mais aussi selon l’organe atteint. Les troubles neurologiques ne sont pas accessibles avec ce type de traitement car les protéines ne parviennent pas jusqu’au cerveau et jusqu’à la moelle épinière.
Pour l’instant, l’administration des enzymes ne se fait pas par voie orale car elles sont trop volumineuses. C’est donc uniquement par voie intraveineuse qu’elles sont administrées et cela doit se poursuivre à vie.

>> L’inhibition de substrat

Le traitement par inhibition de substrat doit empêcher partiellement la production du substrat (métabolite) qui n’est pas recyclé par les cellules à cause du défaut génétique. Il permet de diminuer l’accumulation du métabolite et ainsi, l’engorgement des cellules.
L’inhibition de substrat peut être utilisée dans le cas de maladies lysosomales qui touchent le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) ou en complément d’autres traitements. Cependant, il n’est efficace que dans certains cas.
C’est un médicament qui est administré par voie orale.

>> La greffe de moelle osseuse ou de cellules souches hématopoïétiques

La greffe de moelle osseuse ou de cellules souches hématopoïétiques est une intervention lourde comportant des risques de rejet de la greffe et des complications qui peuvent mettre en danger la vie du patient. C’est pourquoi elle est généralement effectuée sur des personnes présentant une forme très sévère de la maladie ou ayant un risque de mourir jeune.
Le principe est de prélever des cellules sur une personne saine compatible avec le malade pour les greffer ensuite à la personne atteinte d’une maladie lysosomale. Le but est d’apporter au patient des cellules souches pour qu’il puisse produire l’enzyme manquante.
>> Informations pour devenir donneur de moelle osseuse

>> La thérapie génique

Le principe de la thérapie génique est d’introduire dans les cellules ou dans les tissus d’une personne, la copie normale du gène déficient ou de modifier l’expression de ce gène déficient qui est responsable d’une maladie. Cela permet de traiter la maladie en question.

Il faut d’abord identifier la mutation défectueuse puis cloner des gènes de remplacement et enfin obtenir une expression stable de ces gènes dans les cellules.
Cela permet ainsi au patient de produire l’enzyme déficiente.
Cette méthode est actuellement en cours sur plusieurs essais cliniques, avec une introduction directement dans le cerveau pour tenter d’agir sur les troubles neurodégénératifs.

>> Les molécules chaperonnes

Les molécules chaperonnes sont des protéines qui contrôlent le repliement tridimensionnel (forme de la protéine dans l’espace) correct d’autres protéines. Elles contribuent ainsi à la maturation de ces protéines pour qu’elles deviennent ensuite fonctionnelles.
De nombreuses mutations engendrent des protéines dont la conformation est altérée. Un repliement tridimensionnel non conforme d’une protéine entraîne la perte de fonction de cette protéine. Cela provoque divers dégâts dans l’organisme. Le rôle des molécules chaperonnes est de prévenir ces dommages. Ces protéines de structure anormale sont donc prises en charge par les molécules chaperonnes puis sont ensuite dégradées dans la cellule.
Le traitement de protéines anormales par des molécules chaperonnes dites "pharmacologiques" permettrait de corriger le repliement de ces protéines. Les molécules chaperonnes pharmacologiques se lient à la protéine dont la configuration est incorrecte et stabilisent sa conformation en la rigidifiant. Cela empêche sa dégradation et permet d’augmenter son activité.
Par ailleurs, il semblerait que les molécules chaperonnes augmentent l’efficacité de la thérapie enzymatique substitutive. Un protocole combiné de ces deux traitements est peut-être une solution.

Les traitements symptomatiques

Qu’il existe ou non un traitement spécifique, les traitements symptomatiques sont fréquemment prescrits. Comme le nom l’indique, ils agissent uniquement sur les symptômes de la maladie. Il y a les médicaments, l’orthopédie, la kinésithérapie, l’ophtalmologie, les appareillages et la chirurgie.

>> Les médicaments
Différents types de médicaments peuvent être prescrits. Il y a des antalgiques, des corticoïdes, des antiépileptiques, des médicaments spécifiques des bronchites, du glaucome, de l’hyperactivité et des troubles du comportement, des troubles du transit intestinal, de l’insuffisance cardiaque…

>> L’orthopédie
Des traitements orthopédiques sont parfois nécessaires. Des appareillages tels que des prothèses, des corsets, des orthèses peuvent être ainsi prescrits. Dans certains cas, la chirurgie orthopédique (main, hanche, pied, etc.) est recommandée.

>> La kinésithérapie
Ce sont des soins de kinésithérapie musculaire et articulaire active, passive mais aussi respiratoire. Ils doivent être réguliers.

>> L’ophtalmologie
Des lunettes peuvent corriger la baisse de l’acuité visuelle et ont un rôle de protection des yeux. Une prise en charge adaptée avec des aides techniques spécifiques aux personnes malvoyantes est nécessaire en cas de malvoyance sévère.

>> Les appareillages
Les appareillages dépendent des limitations fonctionnelles de la personne malade. Lit médicalisé, déambulateur, fauteuil roulant, etc., font partie des appareillages les plus fréquents.

>> La chirurgie
Les anesthésies programmées doivent être effectuées en présence d’un anesthésiste et d’un ORL ayant l’habitude des patients atteints de maladies lysosomales (MPS I surtout). Lors d’une même anesthésie, il est recommandé de réaliser plusieurs gestes chirurgicaux.
La chirurgie peut concerner diverses sphères : ORL, ophtalmologique, odontologique, neurochirurgie, orthopédique et/ou cardiaque.