L'alpha-mannosidose est une maladie de surcharge lysosomale très rare, du groupe des oligosaccharidoses ou glycoprotéinoses. Elle est due au déficit en alpha-mannosidase nécessaire à la dégradation de nombreux oligosaccharides et glycoprotéines. La transmission se fait sur le mode récessif autosomique. La forme sévère (type1) débute avant 1 an : infiltration cutanée, traits épais, hypertrophie gingivale et macroglossie, hépatosplénomégalie, dysostose osseuse multiple, surdité, opacités cornéennes, cataracte, régression psychomotrice conduisant à un retard mental sévère ; le décès survient entre 3 et 10 ans. Dans la forme juvénile/adulte (type 2) plus modérée, la dysostose est plus discrète, le retard mental plus tardif et moins sévère et la surdité fréquente. En réalité, il existe un continuum entre les formes les plus sévères et les plus modérées. Le diagnostic biologique repose sur la mise en évidence d'un profil caractéristique sur une chromatograhie des oligosaccharides urinaires. Le résultat est confirmé par la mesure d'activité de l'alpha-mannosidase (leucocytes, fibroblastes, trophoblastes ou amniocytes). Le gène a été localisé sur le chromosome 19, cloné, et plusieurs mutations identifiées. En dehors du traitement symptomatique, les essais d'activation de l'activité enzymatique par le zinc se sont révélés décevants, et l'allogreffe de moelle osseuse (réalisée chez moins de 20 patients), a montré un effet bénéfique pour plusieurs d'entre eux. Une étude récente de thérapie enzymatique sur un modèle animal de souris a montré des résultats encourageants. *Auteurs : Dr R. Froissart, Dr I. Maire (février 2005)*.